Le bon Dieu: la première cause de mortalité

Une fois de plus la France est frappée par un attentat terroriste. Le comble du drame est que cela a lieu un 14 juillet. Ce billet est comme un cri du cœur. Qu’avons-nous fait aux terroristes ? Je le rappelle bien fort, je ne suis pas Français. Toutefois je suis un être humain et je ne peux être indifférent à la souffrance des autres. Certains diront que les morts dans les autres coins du monde font moins de bruit. Je refuse d’entrer dans cette polémique. Ma douleur est d’autant plus grande que ces crimes sont commis au nom de Dieu. Et j’en viens à l’intention de mon article : Dieu est le « plus grand meurtrier » de l’histoire de l’humanité. Trois cas vont illustrer mon affirmation.

Ceux qui commettent des attentats dans le monde le font au nom de Dieu. La sacro-sainte croisade des islamistes d’aujourd’hui n’est qu’une réplique (à petite échelle) des grandes croisades du Moyen-Âge. Il faut tuer le mécréant. Tous ceux qui s’engagent dans ce type de conflits le font au nom d’une interprétation rigoriste de leurs textes sacrés. Celui qui n’interprète pas comme moi les Saintes Écritures est aussi mon ennemi ; c’est un hérétique. Or le plus drôle dans tout cela est que Dieu n’a pas déclaré l’hérétique comme étant son ennemi.

L’expérience montre que les mécréants et les hérétiques sont souvent logés à la même enseigne. Les victimes ne sont pas seulement les fidèles des autres religions ; parfois, et même souvent, les coreligionnaires s’entre-tuent. Pour exemple, il suffit de citer le sac et le pillage de Constantinople par les Croisés « occidentaux » en 1204, le massacre de la Saint-Barthélemy et aujourd’hui les tueries entre Sunnites et Chiites. Ceux qui meurent pour cette cause folle le font au nom de Dieu et affirment que Dieu est le commanditaire des telles atrocités. Ce premier cas est celui des extrémistes (chrétiens ou musulmans).

Le deuxième cas est plus subtil. En effet, Dieu est bel et bien la raison première qui est présentée. Hélas, il n’est qu’un bouc émissaire. Je peux l’affirmer car je vis dans un pays sortant d’une crise « intercommunautaire ». Des nombreux médias, parmi lesquels RFI, ont présenté le conflit centrafricain comme une guerre religieuse. Or ce n’est pas le cas. Si dans l’évolution de la crise, celle-ci a pu prendre un visage interconfessionnel, initialement il n’avait rien à voir avec la religion. C’est l’amour du pouvoir et de l’argent qui a poussé des personnes à prendre les armes en se réfugiant derrière un mobile sacré. Je ne vais pas revenir sur la question centrafricaine. Depuis la nuit des temps, des individus se servent de la religion pour parvenir à leur fin. Officiellement, ils tuent au nom de Dieu et emportent avec eux, dans leur folie, les âmes peu averties. Là encore c’est Dieu qui en paye les frais, car il est perçu comme l’instigateur des massacres.

Enfin il y a ceux que je nomme les vrais martyrs. Evidemment, on peut penser toute de suite aux personnes qui meurent pour leur foi, tels les martyrs chrétiens des premiers siècles. Quant à moi, je pense à ces personnes qui meurent non pas au nom de Dieu, mais pour leurs convictions : l’amour, la vérité et la liberté. La conviction, peut être nourrie par la foi, ce n’est pas exclu. Pour illustrer mon propos, j’aimerai citer les Martyrs de l’Ouganda. Ces jeunes chrétiens (catholiques et anglicans) martyrisaient au nom de leur foi à la fin du XIXème siècle. Ce qui est souvent passé sous silence, c’est que parmi ses martyrs, il y avait des non-chrétiens. Pourquoi sont-ils morts avec ces chrétiens ? C’est par amour de la vérité et de la justice. Ce n’est pas principalement pour leur croyance. Il y a aussi le cas des moines des Tibhirine en Algérie. Ils refusèrent de quitter le village dans lequel leur monastère était établi par fidélité et par amour de leurs frères et sœurs algériens. Quelques mois plus tard, ils connurent la mort. Cependant, ce ne sont pas des martyrs de la foi ; ce sont des témoins de l’amour, même s’il était motivé par leur foi. Enfin il y a le cas de Martin Luther King. Ce pasteur fut assassiné à cause de sa lutte contre l’injustice sociale et non pour sa foi chrétienne. Quand on additionne les martyrs de la foi et ceux qui meurent pour une autre raison (même si elle est portée par la foi), on se retrouve avec une foule immense de personnes mortes pour Dieu.

Luc Ferry, en définissant la religion, est revenu sur la compréhension classique selon laquelle la religion est la distinction entre le sacré et le profane. Toutefois, il apporte une nuance dans la saisie du terme sacré : le sacré n’est pas seulement ce qui est différent du profane, c’est aussi, et même bien plus, cette réalité pour laquelle un homme est capable de donner sa vie (jusqu’à la mort parfois). Nous comprenons donc la raison pour laquelle le nombre des morts au nom de Dieu est si élevé, même s’il n’en est pas responsable.

Chers extrémistes, vous pensez faire des martyrs par vos attentats suicides qui frappent aveuglement. Vous avez raison. Malheureusement, je crois humblement que vous ne regardez pas dans la bonne direction. Les véritables martyrs, ce sont les victimes innocentes de votre violence. Pour preuve, après chaque attentat, celles-ci sont vénérées par le monde entier comme témoins de l’amour contre la barbarie. Vous pensez être crédibles et justes en vous martyrisant, en vous suicidant. Sachez qu’aucune foi, aussi noble soit-elle, ne peut être justifiée (rendue juste) par la mort des innocents et des faibles. En plus votre foi perd en crédibilité chaque fois qu’une mère de famille, un frère, un fils ou une fille meurt à cause de vous. En fin de compte, Dieu n’a rien à voir dans tout ça. Comme tous ces Niçois, il est aussi une victime de cette part décadente de l’humanité.

A tous ceux qui me suivent, je présente mes excuses pour cet article peu formel et ces idées mal agencées. Mon cœur déborde de peine et il me fallait les laisser jaillir.

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